04 décembre 2012

Queue et étagère

Je ne résiste pas à l’envie de rapprocher ce texte d’Eric Chevillard : « Il trouva en arrivant la littérature solidement campée sur ses quatre pattes, avec de belles dents, de belles moustaches, l’œil vif, une musculature puissante, mille ocelles déjà sur son pelage lustré. Il en fut un peu dépité et il allait se retirer, confus, misérable, inutile, quand il remarqua qu’il manquait tout de même à celle-ci une petite queue frétillante. » et « l’étagère » de Calvino.
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22 avril 2011

...et le fou écrit un livre

« L’homme est un balancier qui frappe une monnaie à son coin. La quadruple porte l’empreinte de l’empereur, la médaille du pape, le jeton du fou. Je marque mon jeton à ce jeu de la vie où nous perdons coup sur coup et où le diable, pour en finir, siffle joueurs, dés et tapis vert. L’empereur dicte des ordres à ses capitaines, le pape adresse des bulles à la chrétienté, et le fou écrit un livre. »   Ce sont les premières lignes de la dédicace  A M. Charles Nodier  de Gaspard de la Nuit de Aloysius... [Lire la suite]
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17 juillet 2010

La Compulsion créatrice selon R.Gary

« La compulsion créatrice, nous dit Romain Gary au chapitre XXI de Pour Sganarelle, demeure primitive, naïve, enfantine, barbare, source de joie et d’émerveillement. Elle est essentiellement un acte d’adoration de la vie. Lorsqu’on sait ce qu’elle doit à la survivance de l’enfant dans l’adulte, que cet adulte soit Balzac ou Malraux, on reconnait le caractère total de son obsession par elle-même, de son absorption en elle-même : il n’y a qu’à regarder un enfant jouer. Elle est essentiellement faite d’incompréhension : c’est-à-dire... [Lire la suite]
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14 juillet 2010

Nous n’avons point de pouvoir sur nos pensées

Alain écrivait en 1922 : Nous n’avons point de pouvoir sur nos pensées, mais en revanche, nous avons grand pouvoir sur nos bras et nos jambes. Il dépend de nous que nous marchions ou soyons assis à lire, ou bien que nous fendions du bois ; mais il ne nous est pas donné de méditer quand nous voulons, sinon par ces discussions à voix basse, qui nous séparent des objets et nous jettent dans la polémique. Ne prenez donc point votre tête dans vos mains. A l’heure où il vous plait de penser, lisez quelque bon auteur, et relisez-le... [Lire la suite]
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09 juillet 2010

Montaigne et les livres, encore

Toujours au chapitre III du Livre troisième, on lit :   Si quelqu’un me dit que c’est avilir les muses de s’en servir seulement de jouet et de passe-temps, il ne sait pas, comme moi, combien vaut le plaisir, le jeu et le passe-temps. A peine que je ne die toute autre fin être ridicule. Je vis du jour à la journée ; et, parlant en révérence, ne vis que pour moi : mes desseins se terminent là. J’étudiai, jeune, pour l’ostentation ; depuis, un peu, pour m’assagir ; à cette heure pour m’ébattre ; jamais pour le quêt. Une humeur... [Lire la suite]
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07 juillet 2010

Montaigne : Le commerce des livres

Extrait de Trois commerces (Livre troisième chapitre III des Essais de Montaigne)             Celui-ci[le commerce des livres] côtoie tout mon cours et m’assiste partout. Il me console en la vieillesse et en la solitude. Il me décharge du poids d’une oisiveté ennuyeuse ; et me défait à toute heure des compagnons qui me fâchent. Il émousse les pointures de la douleur si elle n’est du tout extrême et maitresse. Pour me distraire d’une imagination importune, il n’est que de recourir aux livres ; ils... [Lire la suite]
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22 juin 2010

Colette lisant les Misérables

Alberto Manguel dans Une Histoire de la Lecture écrit ceci ( il parle de Colette) : C’est l’été. Au creux d’un lit moelleux, entourée d’oreillers de plume, sourde au grondement discontinu des voitures qui passent devant sa fenêtre sur les pavés de la rue de l’Hospice, dans le village gris de Saint-Sauveur-en-Puisaye, une fillette de huit ans lit en silence Les Misérables, de Victor Hugo. Elle ne lit pas de nombreux livres ; elle lit et relit les mêmes inlassablement. Elle porte aux Misérables un amour qu’elle qualifiera plus... [Lire la suite]
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21 juin 2010

Jack London

Voici le début d’un texte de Jack London paru dans The Critic en septembre 1902. Je l’ai trouvé dans un recueil de textes réunis par Francis Lacassin sous le titre Profession : écrivain De nos jours, le candidat littérateur, ou plutôt le candidat artiste littéraire, ou plutôt encore le candidat littéraire ayant un ventre plein d’activité et une bourse vide, se trouve en face d’un paradoxe criant. Comme il est un candidat, il est incontestablement un homme qui n’est pas arrivé, et un homme qui n’est pas arrivé n’attire... [Lire la suite]
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13 juin 2010

Sur les auteurs ( Chateaubriand )

Des auteurs français de ma date, je suis quasi le seul qui ressemble à ses ouvrages : voyageur, soldat, publiciste, ministre, c’est dans les bois que j’ai chanté les bois, sur les vaisseaux que j’ai peint l’Océan, dans les camps que j’ai parlé des armes, dans l’exil que j’ai appris l’exil, dans les cours, dans les affaires, dans les assemblées que j’ai étudié les princes, la politique et les lois. Les orateurs de la Grèce et de Rome furent mêlés à la chose publique et en partagèrent le sort ; dans l’Italie et l’Espagne de la fin du... [Lire la suite]
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09 juin 2010

Montaigne

Mon dessein est de passer doucement, et non laborieusement, ce qui me reste de vie. Il n'est rien pour quoi je me veuille rompre la tête, non pas pour la science de quelque grand prix qu'elle soit. Je ne cherche aux livres qu'à m'y donner du plaisir par un honnête amusement; ou si j'étudie, je n'y cherche que la science qui traite de la connaissance de moi-même, et qui m'instruise à bien mourir et à bien vivre :    Has meus ad metas sudet oportet equus .Les difficultés, si j'en rencontre en lisant, je n'en ronge pas mes... [Lire la suite]
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