04 décembre 2012

Queue et étagère

Je ne résiste pas à l’envie de rapprocher ce texte d’Eric Chevillard : « Il trouva en arrivant la littérature solidement campée sur ses quatre pattes, avec de belles dents, de belles moustaches, l’œil vif, une musculature puissante, mille ocelles déjà sur son pelage lustré. Il en fut un peu dépité et il allait se retirer, confus, misérable, inutile, quand il remarqua qu’il manquait tout de même à celle-ci une petite queue frétillante. » et « l’étagère » de Calvino.
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02 mai 2011

Dickens vu par Théophile Gautier

Dans un article paru dans Le Moniteur universel du 23 Avril 1866, Théophile Gautier parle de Dickens. Il oppose le « génie saxon au génie latin », aux auteurs « toujours préoccupés du plan, de la ligne, de la symétrie, de l’ordonnance et autres qualités régulières ».   « Les romans de Charles Dickens ressemblent à ces vieilles résidences anglaises dans le style usité sous la reine Elizabeth. Aucun plan ne parait avoir présidé à la construction de ces bizarres édifices dont les diverses parties... [Lire la suite]
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01 avril 2011

Poil de Carotte : le personnage

Dans son Journal, le 16 Juillet 1899, Jules Renard transcrit un dialogue qu’il aurait eu avec un certain Louis Paillard. On y trouve ceci :   --Poil de Carotte dit à chaque instant des choses audacieuses. On éprouve une gêne, non à cause des audaces, mais parce qu’il nous renseigne mal sur lui-même. On ne sait trop l’âge qu’il a. --Parce qu’il est fait de moments. Ce n’est pas un être qui se compose : c’est un être qui existe. J’aurais pu l’arranger, le tailler : je ne l’ai pas voulu. C’est un travail que vous faites... [Lire la suite]
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30 janvier 2011

"Le talent est une question de quantité" Jules Renard

Dans le Journal de Jules Renard, cet extrait de 1887, sans autre précision de date : « Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n’est pas d’écrire une page : c’est d’en écrire 300. Il n’est pas de roman qu’une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu’elle soit qu’un débutant ne puisse construire. Reste la plume à soulever, l’action de régler sn papier, de patiemment l’emplir. Les forts n’hésitent pas. Ils s’attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l’encre, ils useront le... [Lire la suite]
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12 août 2010

Emprunts à Eric Chevillard

En farfouillant dans les dossiers informatiques de Lucien, je trouve, dans un fichier intitulé Pompé sur l’autofictif, une sorte d’anthologie que voici : Lundi  28 Décembre 2009 Lorsque l’on sait le peu d’intérêt que nos contemporains, pour ne rien dire de nos frustes ancêtres et sans parler de nos pâles descendants, portent à la littérature, la prétention de l’écrivain à l’universalité semble soudain assez risible. Il est ce chanteur qui pénètre sur la scène d’une salle minuscule en lançant à pleine... [Lire la suite]
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17 juillet 2010

La Compulsion créatrice selon R.Gary

« La compulsion créatrice, nous dit Romain Gary au chapitre XXI de Pour Sganarelle, demeure primitive, naïve, enfantine, barbare, source de joie et d’émerveillement. Elle est essentiellement un acte d’adoration de la vie. Lorsqu’on sait ce qu’elle doit à la survivance de l’enfant dans l’adulte, que cet adulte soit Balzac ou Malraux, on reconnait le caractère total de son obsession par elle-même, de son absorption en elle-même : il n’y a qu’à regarder un enfant jouer. Elle est essentiellement faite d’incompréhension : c’est-à-dire... [Lire la suite]
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11 juillet 2010

Cervantes

Cervantes débute ainsi le prologue à Don Quijote de la Mancha (édition Bordas/ Classiques Garnier / Traduction de Louis Viardot) : Lecteur inoccupé, tu me croiras bien, sans exiger de serment, si je te dis que je voudrais que ce livre, comme enfant de mon intelligence, fût le plus beau, le plus élégant et le plus spirituel qui se pût imaginer ; mais, hélas ! je n’ai pu contrevenir aux lois de la nature, qui veut que chaque être engendre son semblable. Ainsi, que pouvait engendrer un esprit stérile et mal cultivé comme le mien,... [Lire la suite]
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28 juin 2010

L'ère du soupçon

Dans les années 50—L’ère du soupçon fut édité en 1956--, Nathalie Sarraute écrivait : Les critiques ont beau préférer, en bons pédagogues, faire semblant de ne rien remarquer, et par contre ne jamais manquer une occasion de proclamer sur le ton qui sied aux vérités premières que le roman, que je sache, est et restera toujours, avant tout, « une histoire où l’on voit agir et vivre des personnages », qu’un romancier n’est digne de ce nom que s’il est capable de « croire » à ses personnages, ce qui lui permet de les rendre... [Lire la suite]
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21 juin 2010

Jack London

Voici le début d’un texte de Jack London paru dans The Critic en septembre 1902. Je l’ai trouvé dans un recueil de textes réunis par Francis Lacassin sous le titre Profession : écrivain De nos jours, le candidat littérateur, ou plutôt le candidat artiste littéraire, ou plutôt encore le candidat littéraire ayant un ventre plein d’activité et une bourse vide, se trouve en face d’un paradoxe criant. Comme il est un candidat, il est incontestablement un homme qui n’est pas arrivé, et un homme qui n’est pas arrivé n’attire... [Lire la suite]
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13 juin 2010

Sur les auteurs ( Chateaubriand )

Des auteurs français de ma date, je suis quasi le seul qui ressemble à ses ouvrages : voyageur, soldat, publiciste, ministre, c’est dans les bois que j’ai chanté les bois, sur les vaisseaux que j’ai peint l’Océan, dans les camps que j’ai parlé des armes, dans l’exil que j’ai appris l’exil, dans les cours, dans les affaires, dans les assemblées que j’ai étudié les princes, la politique et les lois. Les orateurs de la Grèce et de Rome furent mêlés à la chose publique et en partagèrent le sort ; dans l’Italie et l’Espagne de la fin du... [Lire la suite]
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