26 janvier 2011

Romancier et personnages selon Gide

Dans Le Journal des Faux-Monnayeurs, à la date du 27 Mai 1924, Gide notait : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir ; il les entend parler dès avant que de les connaitre, et c’est d’après ce qu’il leur entend dire qu’il comprend peu à peu qui ils sont. J’ai ajouté : les regarder agir—cat, pour moi, c’est plutôt le langage que le geste qui renseigne, et je crois que je perdrais moins, perdant la vue, que perdant l’ouïe. »
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13 juillet 2010

Don Quijote

Don Quichotte dans l’édition Bordas, traduction de Louis Viardot débute ainsi : Dans une bourgade de la Manche dont je ne veux pas me rappeler le nom, vivait, il n’y a pas longtemps, un hidalgo, de ceux qui ont lance au râtelier,  rondache antique, bidet maigre et lévrier de chasse. Un pot-au-feu, plus souvent de mouton que de bœuf, une vinaigrette presque tous les soirs, des abatis de bétail le samedi, le vendredi des lentilles, et le dimanche quelque pigeonneau outre l’ordinaire, consumaient les trois-quarts de son... [Lire la suite]
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06 juillet 2010

Le dimanche de la vie de Queneau

Cela commence ainsi : Il ne se doutait pas que chaque fois qu’il passait devant sa boutique, elle le regardait, la commerçante, le soldat Brû. Il marchait avec naturel, joyeusement sapé de kaki, le cheveu ce qu’on en voyait sous le képi le cheveu taillé net et quasiment lustré, les mains le long de la couture du pantalon, les mains dont l’une, la droite, se levait à intervalles irréguliers pour respecter un gradé supérieur ou pour répondre à la salutation de quelque démilitarisé. Ne soupçonnant pas qu’un œil admiratif l’épinglait... [Lire la suite]
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02 juillet 2010

Le chiendent de Queneau

Après l’inévitable bousculade de la sortie, il se dirigea vers sa demeure, sautant de fondrière en fondrière, faisant sauter les cailloux de la pointe aveugle de ses richelieux .  Après vingt minutes de cette laborieuse marche, il se trouva devant la porte grinçante. Le chat n’était pas là. La porte refermée, il monta les quatre marches du perron. Le voilà dans la salle à manger. Tout semble bien en place. L’enfant aux yeux cernés ferme lentement une Apologie de Socrate dans laquelle il a caché une photo dont il préfère garder... [Lire la suite]
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28 juin 2010

L'ère du soupçon

Dans les années 50—L’ère du soupçon fut édité en 1956--, Nathalie Sarraute écrivait : Les critiques ont beau préférer, en bons pédagogues, faire semblant de ne rien remarquer, et par contre ne jamais manquer une occasion de proclamer sur le ton qui sied aux vérités premières que le roman, que je sache, est et restera toujours, avant tout, « une histoire où l’on voit agir et vivre des personnages », qu’un romancier n’est digne de ce nom que s’il est capable de « croire » à ses personnages, ce qui lui permet de les rendre... [Lire la suite]
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